7 mars 2016
Premier voyage dans ma tête
Il m'a toujours été facile de choisir le parfum de glace que je voulais manger, quelle est ma couleur préférée ou quelle musique je voulais écouter. Pourtant, en ce moment, j'ai du mal à savoir ce que je veux vraiment, ce qui me rendrait la plus heureuse.Je fais de mon mieux pour réussir ce que j'entreprends, mais des fois tout me dépasse. C'est le cas aujourd'hui, je me sens faible.
Hier encore, ma mère m'a dit qu'elle ne me pensait pas capable de réussir mes études. Je n'ai pas envie de lui prouver le contraire. Je ne sais pas si elle se rend compte à quel point ses paroles peuvent me blesser. La première chose à laquelle j'ai pensé, c'était de la décevoir, de la blesser par les actes plutôt que par les mots qui ne l'atteignent jamais. Je voulais lui montrer qu'elle avait raison, mais qu'elle regrette de ne pas avoir eu tord de m'avoir dit tant de mauvaises paroles.
Aujourd'hui, calmée par la nuit, je ne veux pas d'histoires. Je suis réveillée par mon réveil, et le premier bruit que j'entends dans la maison : mon père qui souffle des nerfs. Je me dis qu'il vaut mieux que je fasse ma vie, que je n'écoute plus parler mes parents, que je vive pour moi. Je me fais chauffer mon repas après avoir passé la matinée à réviser, et m’apprête à faire chauffer celui de mon père. Il rentre, énervé comme toujours, et s'en prend à moi pour deux raisons différentes :
1 - Je ne me suis pas déconnectée de ma boite mail sur son ordinateur. Il semble d'après ses propos que ce soit quelque chose de grave. Il ne me demande pas de me déconnecter, j'entends juste les quelques mots qui sortent tous les jours de sa bouche : "Sa race","Putain de merde". Je crois que ce sont les mots dans lesquels j'ai été éduquée, et à force, je prends ses mauvaises habitudes de les utiliser. Je ne réponds pas, je laisse couler.
2 - Il me reproche ensuite de manger sans l'avoir appelé. J'ai mangé seule pour éviter d'entendre toujours plus de critiques à mon propos, et ça n'a servi à rien, il s'est encore plus énervé, et je ne me suis pas laissée faire, car je n'avais rien fait de mal.
14h15 : Au moment où j'écris, il vient s'excuser. Je refuse ses excuses. Je ne suis pas quelqu'un à qui l'on dit des méchancetés, sur qui l'on crie pour se défouler, puis à qui l'on vient faire des câlins après. Je ne suis pas un animal de compagnie, je suis une personne, et on ne joue pas avec les sentiments de quelqu'un comme il le fait.
Après avoir ressassé toutes les méchancetés que j'ai entendues pendant deux jours, j'ai vraiment envie de partir. Ici, c'est l'asile. Mes parents sont les fous qui crient, moi je suis la nouvelle patiente qui vient d'être internée car ses parents l'ont rendue aussi folle qu'eux.
C'est le moment de s'en aller, je ne supporte plus, je ne veux pas devenir comme eux. Contrairement à ce que dit ma mère, je suis capable d'arriver au bout de mes études, mais pas dans ces conditions, c'est sur. Je ne demande qu'à être loin de cette ambiance, fini l'asile, je veux vivre une vie saine, comme je la vis quand je ne suis pas chez moi.
Mon problème : ma meilleure amie est en ce moment à l'hôpital, et je n'ai personne chez qui me faire héberger. J'ai besoin d'être ailleurs, help.